| Un Parfum d'Espellia | Chap 01 - Page 1 |
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C’était une froide journée d’automne à Mélodar la Riche. Les gardes de l’entrée Nord tentaient de se réchauffer près d’un feu qui peinait à rester rouge sous les bourrasques du vent du Nord-Ouest qui emmenait avec lui à la fois le froid du nord et l’humidité de l’océan Médian.
S’emmitouflant dans son manteau d’épais cuir durci, Jonas commençait à maudire son orgueil qui l’avait poussé à refuser la veste de laine que sa femme lui avait sagement recommandé d’apporter, quand il vit arriver du haut de la colline une petite caravane formée de deux chariots escortés par quatre Hurraults. Ces derniers étaient une petite milice formée surtout de fils de fermiers, bucherons et autres travailleurs de la terre qui envoyaient leurs progénitures se « faire le caractère » pendant quelques années, question d’assurer un certain revenu pendant les saisons mortes.
Les Hurraults, qui étaient dirigés par d’anciens soldats de Sa Majesté, avaient joué un rôle très important pendant la guerre qui mit les Vaudrois au pouvoir, mais aujourd’hui. on se sert surtout d’eux comme guides, escortes ou chasseurs à cause de leur grande connaissance du territoire. C’est donc sous cette escorte que la petite caravane atteignit l’entrée Nord de la plus grande ville fortifiée de la région, qui était aussi le plus grand centre commercial du royaume d’Oulard, là où Jonas les accueillit de son air le plus renfrogné.
- Halte-là voyageurs, veuillez déclarer vos identités, cargaisons et raisons du séjour, je vous prie, dit-il sur un ton qui se voulait autoritaire.
- Nous accompagnons des voyageurs en provenance d’Élis. Ils apportent avec eux quelques marchandises à vendre et comptent rester peut-être trois semaines à Mélodar, répondit un des Hurraults.
- Fichtre! Élis, c’est dans le royaume d’Ulie, j’espère qu’ils ne comptent pas retourner chez eux après leur séjour, parce que c’est l’hiver qui les escortera chez eux.
- Holà! Je l’espère bien pour eux aussi, parce que ce n’est pas moi qui vais les raccompagner. Notre mission était de les amener sains et saufs à Mélodar, et c’est tout. Mais je crois avoir compris qu’ils veulent se rendre à Oeilville. Il était question de…
- Ça suffit monsieur le Hurrault, interrompit une voix féminine provenant du premier charriot. Je crois que, monsieur le garde, ici présent, n’a que faire de vos histoires sans intérêt. Veuillez terminer les formalités, je vous prie, il fait froid, nous avons fait une longue route et nous voudrions nous reposer s’il vous plait.
Jonas retint sa respiration lorsqu’il vît sortir du charriot une femme aux longues boucles rousses flamboyantes, vêtue d’une cape marine qui l’enveloppait complètement à l’exception de ses bottes de voyages en cuir. Il fut frappé par son visage fin au petit nez légèrement retroussé, des caractéristiques physiques qui étaient très rares dans cette région.
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