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Chapitres:

 
Un Parfum d'Espellia Tome I - Chap 01 - Page 2

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-     Et à qui ai-je l’honneur de m’adresser ma p’tite dame? demanda Jonas en simulant une révérence maladroite.

-        Krysta d’Ulie, monsieur le garde, répondit-elle la tête haute, et il serait apprécié que vous consentiez à nous laisser passer, car notre petite troupe à fait un long chemin. Et je ne vous cacherai pas que nous avions grandement hâte d’arriver ici pour prendre quelque repos.

-        Évidemment, madame! Alors, si vous laissez monsieur le Hurrault ici présent terminer son travail, votre admission n’en sera que plus rapide.

Jonas fit une révérence tout aussi douteuse que la première et se tourna vers le Hurrault. Ce qui lui fit manquer le feu qui brulait dans les yeux de la femme aux boucles rousses. Il n’aimait pas avoir affaire aux femmes pour les choses importantes. Il les trouvait trop capricieuses et puis, « les femmes ne devraient pas s’occuper de ces choses, elles ont bien assez de s’occuper de la maison », se disait-il.

Ils terminèrent les détails administratifs habituels et le garde leur libéra l’espace pour passer. Mais, au moment où la mystérieuse femme paya les Hurraults, il eut le temps de voir l’épée qui pendait à sa ceinture. Il avait l’œil pour ce genre de choses. Il n’était pas interdit d’entrer armé dans l’enceinte, et ce n’était pas la première fois qu’il voyait une femme armée, bien qu’il ne comprenait pas à quoi cela pouvait lui servir parce qu’à ses yeux, une femme n’avait pas la force nécessaire pour manier l’épée. Cependant, cette épée était particulière. « Mais elle est espellienne cette épée… Qu’est-ce qu’une femme pareille fait avec une pareille relique? » pensa-t-il.

-        Hé, Madame! Où débarquez-vous exactement?

-        À l’Auberge des Bois je crois, pourquoi? répondit-elle, déstabilisée.

-        Oh! cette auberge n’est plus ce qu’elle était, elle a pris feu il y a deux ans. On l’a rebâtie, mais le nouveau propriétaire est moins chaleureux. Je vous recommande l’auberge Dugas. C’est la plus appréciée des touristes, mais comme c’est la saison morte, elle ne sera pas trop peuplée, les prix seront bons et il y aura de la place.

-        Ah! Très bien, monsieur le garde, j’en prends bonne note et puis… voilà pour votre zèle.

Elle mit quelques écus dans la main de Jonas et, comme elle se rapprochait, il fut soudain enivré de son parfum. Le garde n’était pas homme à se faire avoir par de telles futilités, mais il en remarqua les arômes et, tout en empochant les écus, il pensa « Tu es toujours aussi fort mon bon Jonas; tu as reçu les écus de la dame et à l’auberge Dugas, Tur’ok ne manquera pas cette particulière. Du coup, il va surement venir me quémander, et ce n’est jamais gratuit. » Il frotta sa barbe de trois jours et sourit, l’air satisfait.

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