| Une Épée qui en dit long | Chap 02 - Page 1 |
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Jonas n’avait pas menti sur l’Auberge Dugas, elle était située en plein cœur de la ville, à quelques pas de la rue principale, sur une petite rue transversale baptisée du même nom. L’entrée étant située à l’opposé de la rue principale et donnant sur une petite cour où poussaient quelques fleurs, elle donnait un petit côté champêtre au cœur de la cité en effervescence. De plus, elle était à une distance relativement courte de la place du marché, ce qui plaisait beaucoup aux touristes.
C’est donc à cette auberge que Krysta fit arrêter sa petite caravane. Pendant qu’un des membres emmenait les chevaux voir le palefrenier, elle entra pour réserver les chambres. Elle apprécia du premier coup d’œil la pièce principale où il était possible, du côté droit, d’aller voir l’aubergiste pour réserver sa chambre, ou encore de commander quelque chose à manger, alors que du côté gauche se tenait un petit bar où la gente locale venait parfois y acheter de la bière de malt, du vin de la région ou encore un verre d’Atha, un breuvage alcoolisé servi chaud, créé par des artisans des alentours.
Tel qu’annoncé, la place était plutôt vide et il y avait seulement quelques citadins qui échangeaient des propos vides d’intérêt à un marchand itinérant en mangeant leur pain à une table. Il y avait aussi deux autres hommes qui sirotaient leurs breuvages au bar. La femme replaça donc un peu ses boucles et se dirigea vers l’aubergiste afin de réserver 3 chambres pour une période de 3 semaines.
Pendant ce temps, derrière son bar à l’autre bout de la pièce, le tavernier dit :
- Holà! voilà un beau brin de femme ou je ne m’y connais pas.
- Bien justement, répondit le plus grand des hommes assis au bar, je me posais des questions sur ton jugement en la matière. J’ai vu ta femme à la place du marché l’autre jour…
- Hé! oh! je travaille tous les jours loin de ma maison, moi, avec une femme comme cette rouquine, je serais obligé de castrer tous mes voisins.
Ils éclatèrent tous les deux d’un rire gras. Le troisième homme, beaucoup plus petit que les autres, environ cinq pieds et six pouces, était vêtu de noir et n’entendait pas à rire. Tentant de cacher un visage scarifié dans un capuchon, il regardait d’un œil noir la nouvelle venue et fit signe aux autres de se calmer.
- Voyons Tur’ok, dit le plus grand en riant, as-tu peur qu’elle nous frappe à coup de rouleaux à friser?
- Cette femme pourrait probablement te surprendre, mon petit Robin. Regarde ses bottes, ce ne sont pas celles d’une duchesse quelconque ou d’une femme de chambre; elles sont taillées pour la marche, l’équitation ou même l’escrime, répondit l’interpelé d’une voix basse et monotone. De plus, elle n’est surement pas du royaume.
- Tu t’en fais toujours trop, ajouta le nommé Robin d’un air nonchalant.
- Peut-être, mais il vaut toujours mieux s’en faire trop que pas assez, garde toujours cela en tête! Je dois savoir ce qu’elle fait ici, conclut-il d’un air décidé.
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