| Les Oblinautes | Chap 03 - Page 1 |
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Krysta ne parvenait pas à dissimuler sa surprise. En quatre jours, non seulement on avait découvert non seulement ses origines, mais en plus, son rang social. Elle pensait pourtant avoir pris toutes les mesures nécessaires : ses serviteurs l’appelaient simplement « madame » plutôt que les titres habituels, qui l’agaçaient de toute façon, et elle avait fait attention pour que sa toilette ne révèle pas ce qu’elle était. Malgré cela, d’un simple regard sur son épée, probablement à la sauvette, cet homme avait pu déceler ce secret. Mais qui est-il donc? pensa-t-elle, de toute façon, il semble maintenant inutile de nier en bloc.
- Eh bien! monsieur le rôdeur, dit-elle, vous en savez des choses…
- Je ne suis pas un rôdeur…
- Vous en avez pourtant l’air…
- Cela ne fait pas de moi un rôdeur pour autant…
- Tout comme vous avez été rapide à faire de moi une Cilande, dit-elle en souriant.
- Touché! Mais il en faudra plus que cela pour me faire changer d’idée.
- D’accord, mais si je suis ce que vous prétendez, il est impoli de se présenter à moi sans d’abord s’annoncer.
- Vous avez tout à fait raison, il fit une révérence, mon nom est Tur’ok… Tur’ok du clan des Wouhs.
Troisième surprise de la soirée; après une échauffourée et la révélation de son identité, voilà qu’elle tombait sur un membre du clan d’assassins qui étaient à la solde de l’ancienne dynastie des Déffriers. Aujourd’hui, bien que les Wouhs n’aient pas donné signe de vie depuis plus de cent ans, ils étaient considérés par la plupart comme des monstres assoiffés de sang. Si bien que depuis la révolte qui a conduit les Vaudrois au pouvoir, certains parents oulais maladroits brandissaient le spectre des Wouhs pour se faire obéir de leurs enfants. Krysta trouvait donc tout ceci surfait.
Tur’ok s’agenouillait auprès du seul malfrat à avoir survécu à la bagarre quand Krysta lui posa la question suivante :
- Eh bien, merci pour votre assistance maitre Wouh, lança-t-elle d’un air incrédule, mais qu’est-ce qui vous amène ici?
- Je vous suivais, mais cela n’a plus d’importance. Il lança un regard noir au brigand toujours à terre, une main sur les parties génitales, et regrettait maintenant de s’être levé ce matin.
- Et pourquoi cela n’aurait-il plus d’importance, je vous prie?
- Parce que je crois que ces messieurs sont membres de la guilde des assassins. (Il passa la main gauche doucement dans les cheveux du bandit avant de les prendre fermement), n’est-ce pas petit bâtard?
- N..n.n….noo..non, balbutia l’interpelé alors qu’il mouillait son pantalon, PITIÉ!
- Bon, nous voilà fixés! De plus, ajouta l’Espellienne, entre assassins, vous devriez vous entendre, n’est-ce pas?
- Rien n’est moins sûr, répondit-il en passant sa main droite sur son visage scarifié, et d’ailleurs, regardez la marque au dessus de l’omoplate gauche de celui qui git à vos pieds. C’est l’emblème de la guilde, ils se la font au fer une fois qu’ils ont passé un certain niveau de reconnaissance.
- PITIÉ! hurla le gueux au pantalon humide.
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