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Le Chef des Oblinautes Chap 05 - Page 1

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Le lendemain de ces évènements, un mendiant fit son apparition dans le repère des Oblinautes. Le nouveau venu, de taille moyenne, aux larges épaules et au dos vouté, portait visiblement plusieurs épaisseurs de vêtements. Cependant, dans l’état où ceux-ci étaient, il eût été difficile de deviner où commençait la veste et où finissait la chemise. Ses pantalons étaient trop petits et, bien que l’on put deviner qu’elles furent autrefois des bottes, l’homme semblait chausser des sandales. Pour compléter, le personnage arborait l’attirail du parfait petit miséreux, soit un petit sac pour y entasser quelques petites choses, une bouteille à moitié remplie d’une boisson à la couleur d’eau de vaisselle, et une odeur qui avait empli la pièce avant même qu’il n’y ait mis les pieds. La puanteur était si infecte qu’on aurait presque cru la voir comme un vêtement gazeux pouvant être coupé au couteau et qu’aurait revêtu le clochard.

Personne parmi les trois personnes présentes dans la pièce principale, soit Robin, Barri et un inconnu aux allures de paysan, ne fut surpris de l’arrivée de l’odorant personnage. Les Oblinautes semblaient en avoir vu d’autres, mais Krysta, qui était venue un peu plus tôt le matin s’enquérir de l’état de santé de Tur’ok, avait été immédiatement incommodée, bien qu’elle fut en partie isolée de la scène par la cloison de tissus.

-        Oh! murmura-t-elle en se pinçant le nez, comment est-il possible d’empester l’air de la sorte?

-        Il n’est pas toujours facile de se laver quand on n’a rien, répondit sur le même ton le sicaire, et certains gardes prennent un malin plaisir à humilier les nécessiteux de toutes sortes de façons. De plus, à cette époque de l’année, la mer est trop froide pour s’y plonger sans risquer de tomber malade… ou pire.

-        Quand même, continua-t-elle pendant que Robin conversait avec le pestilentiel arrivant en pointant dans leur direction, faut-il être complètement dénué du sens de l’odorat pour réussir à trimbaler pareille infection?

-        Il est sûr que certains ont une meilleure tolérance que d’autres.

-        Hé! dites donc le méphitique, lança la Cilande à l’incommodant qui glissa son visage encrassé dans l’entrée de la chambre improvisée, il ne faut pas se gêner!

-        Hé bien Tur’ok! fit l’intrus en arborant un sourire narquois sur ses lèvres gercées, il faudra apprendre les bonnes manières à tes invités si tu veux les amener chez moi.

-        Belaudace! s’esclaffa le blessé.

Voilà donc ce qu’est le chef des Oblinautes? pensa Krysta, ressentant un certain haut-le-cœur dans la gorge. Elle ne s’était pas vraiment fait d’idée à son sujet, mais n’imaginait certainement pas une telle loque à la tête de l’association des oubliés. Le patient, qui, après quelques présentations et salutations d’usage, expliqua comment il avait rencontré l’Espellienne et comment il s’était blessé, ajouta qu’il devrait être en mesure de pouvoir partir vers le sud dans une semaine, soit après sa convalescence. Le malodorant personnage se gratta la tête faisant tomber bon nombre de pellicules et de résidus non identifiables. La belle rousse recula un peu en faisant la moue.

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