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Le Clochard et l'Érudit Chap 17 - Page 1

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Tessar’nok était entré dans l’enceinte de la cité en fin d’après-midi. Il avait quatre heures de retard sur la caravane, mais c’était le moindre de ses soucis. Après tout, une si grosse troupe ne pourrait se cacher bien longtemps, même dans une ville telle que Dora. Il se dirigea donc vers une « maison de plaisir » située dans le quadrilatère nord-ouest. Les touristes appelaient ainsi ces taudis malfamés, remplis de prostituées et de soldats prêts à jouer leur solde aux dés. Il arrivait bien à ces endroits d’offrir de petits spectacles, mais il était évident que cette pratique n’était pas leur principal moyen de subsistance.

C’est d’ailleurs une de ces péripatéticiennes[1] qui l’accueillit. Elle devait avoir une trentaine d’années, mais semblait en avoir cinquante, et ses traits qui furent beaux par le passé s’étaient durcis avec le temps.

-        Holà! mon chou, ça fait bien longtemps qu’on ne t’a pas vu ici!

-        Ne commence pas Maéta, fit-il en claquant des dents, j’ai fait un très mauvais voyage et je ne souhaite qu’un breuvage chaud et un lit. Nous discuterons du reste demain, veux-tu?

-        Ah! Mon pauvre lapin, dit-elle en lui frictionnant le dos, c’est vrai que tu n’as pas l’air d’aller. Viens par là, ta Maéta va s’occuper de toi.

Il jeta un regard au ciel et poussa un soupir d’exaspération en hochant la tête.

De leur côté, Abou Soufiane et son cortège s’étaient installés dans la plus grosse auberge de la cité. Ils y passèrent une nuit sans ennuis et au petit matin, Krysta fut de nouveau réveillée par Tur’ok qui entra sans frapper.

-        Habillez-vous, lança-t-il, nous avons à faire…

Il sortit et elle resta un moment dans son lit à fixer la porte comme si elle s’attendait à ce que le Wouh en sorte de nouveau, tel un diable d’une boite. Pourquoi agissait-il de cette façon alors qu’elle l’avait déjà avisé de ne plus le faire? Sa curiosité prit cependant le dessus et elle s’habilla pour savoir à quelle « affaire » il faisait référence. Elle sortit donc de sa chambre quelques minutes plus tard, affublée du même manteau et des bottes qu’elle avait revêtu le jour où elle arriva à Mélodar la Riche.

Après quelques échanges, dont un sermon de la belle qui rappelait de nouveau au sicaire de frapper avant d’entrer chez elle, ils quittèrent l’auberge pour se diriger dans un ancien marché situé dans le quadrilatère sud-est de Dora. Ils y trouvèrent une vieille menuiserie mal positionnée qui ne devait avoir que des habitués comme clientèle.

-        Cela m’a pris presque toute la nuit avant de trouver l’endroit, dit l’assassin.

-        Vous ne dormez jamais, vous?

-        Ce sanctuaire semble mieux que celui de Mélodar, continua-t-il comme s’il n’avait pas entendu.


[1] Prostituée

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