| La Tribu Cachée | Chap 19 - Page 1 |
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Il fallut un jour et deux nuits à Tessar’nok pour récupérer de son voyage. La fièvre qu’il avait contractée au cours de celui-ci l’avait collé au lit pendant le premier et presque tout le jour qui suivit. Maéta, la marchande d’amour, qui l’avait recueilli, était restée à son chevet presque tout ce temps, telle une mère protectrice. Une délicatesse mal appréciée par l’assassin qui semblait subir plus qu’affectionner les attentions de cette fille de joie. Cependant, il lui exprima tout de même un tiède remerciement pour son obligeance, le soir de la deuxième nuit.
C’est après ce long repos qu’il put enfin se remettre sur pieds et tenter de retrouver la trace de ses cibles. Il ne lui fallut pas longtemps pour les retrouver, mais ils avaient quitté la ville vers l’est avec Saif. Cela lui déplut au plus haut point. Il ne voulait surtout pas avoir souffert durant tout le voyage pour ensuite les perdre pour ce futile instant de faiblesse. Il se rassura un peu quand il apprit qu’ils étaient partis sans bagages et sans montures.
Il se lança donc sur leur piste, il devait avoir près de deux heures de retard et il était hors de question d’en avoir plus. Par chance, il n’eut aucune difficulté à les suivre. Le guerrier d’Abou Soufiane était un cadeau en or pour un traqueur aussi expérimenté que l’officier de la guilde. Ce dernier en était bien content, car les traces de Tur’ok étaient presque invisibles. Ce n’est qu’à une ou deux reprise, et grâce à une trace de botte incomplète, qu’il put confirmer la présence de l’assassin avec le couple.
Arrivé au panneau d’avertissement, le mercenaire hésita. Le sol rocailleux ne laissait pas beaucoup d’empreintes, et la petite brise hivernale avait achevé le travail de les effacer. Avec les indices laissés sur le trajet, il pensait que le trio faisait une petite expédition de plaisance. Avaient-ils continué sur le sentier ou suivaient-ils maintenant la crête vers les montagnes pour profiter de la vue des sommets enneigés? Il s’approcha donc de l’interstice rocheux et vit, par terre, la fleur fraichement cueillie que Krysta avait échappée par mégarde lorsqu’elle avait vu l’incroyable végétation de la vallée.
Le pisteur relut l’écriteau en portant une attention particulière sur la partie en Elvin. Antémadon, pensa-t-il. Il se souvint soudainement d’un rapport sur l’échec d’une escouade, écrit par le seul survivant quelques années plus tôt. Ce rapport évoquait la présence d’un puissant magicien qui répondait à ce nom et qui habitait une vallée de la région. Il s’en souvenait, car un de ses compagnons faisait partie des portés disparus.
Le passage semblait être le seul accès de ce côté-ci de la vallée, et le groupe allait surement devoir repasser par ici pour revenir. Tessar’nok décida donc de les attendre là, plutôt que de risquer de s’aventurer dans le défilé, et se trouva une cachette derrière un gros rocher. Par conséquent, il pourrait observer leur retour en toute sécurité.
Il s’assit et tira de son manteau une pipe en bois ornée d’un long tuyau fin et recourbé. Après en avoir vidé les cendres, il la bourra d’une herbe médicinale originaire de Sagel, son royaume d’origine. Il l’alluma à l’aide d’un silex et en tira une bouffée.
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