| Attar'ok | Chap 23 - Page 1 |
| << | >> |
Krysta se laissa emporter sans offrir de résistance. Elle n’aurait jamais eu la possibilité de le faire, même si elle l’avait voulu, car le coup du Wouh l’avait presque assommée de douleur et elle avait la moitié du corps engourdi. Sans compter que l’autre moitié n’était pas beaucoup mieux. C’est donc à demi trainée et à demi portée qu’elle fit le chemin jusqu’à une petite maison qui n’était pas très loin de là.
La petite chaumière n’avait apparemment rien de particulier à comparer des autres qui formaient le village, si ce n’est qu’elle semblait légèrement moins entretenue. Les mauvaises herbes foisonnaient au pied des murs et allaient parfois même s’incruster entre les pierres, ce qui pouvait être un certain risque dans ce genre de structure. On retrouvait de petits déchets près des ouvertures, et il était évident que le toit avait besoin de se faire rempailler. Cependant, elle semblait encore bien solide et les parties dénudées du toit ne semblaient pas encore avoir moisies. Il est vrai qu’avec le climat particulier qui résidait dans la vallée, les maisons n’avaient pas besoin d’être aussi bien entretenues.
Arrivé à la porte, le maitre des arts occultes laissa retomber l’Espellienne qui s’affaissa telle une poupée de chiffon. Elle commençait à peine à ressentir de nouveau ses extrémités, mais se remettre debout par elle-même était hors de ses forces pour le moment. Son geôlier frappa alors quelques coups à la porte de bois.
Au bout de quelques instants, un petit personnage nerveux entrouvrit la porte. Il semblait ne pas avoir bien dormi depuis un certain temps, car de grosses poches pendaient sous ses petits yeux à moitié ouverts. Il avait de longs cheveux graisseux attachés en une horrible petite queue de cheval. Une mince moustache qui suivait le dessus de sa lèvre supérieure contrastait à peine sur une barbe de deux jours. Le tatouage facial qu’il portait sur la joue gauche était néanmoins plus frappant que le reste de sa physionomie. Il s’agissait d’une étoile à quatre branches triangulaires enfermée dans un cercle, laissant un trou de forme carré au centre. Ce symbole était un des signes d’Oméa.
- Qu'est-ce qui t’amène si tôt le matin, Ser’nok? demanda l’inconnu. Regarde, le soleil vient à peine de se lever.
- Nous sommes le soir, Attar’ok, soupira l’intendant, et le soleil est en train de se coucher. Est-ce que nous pourrions entrer?
Le curieux individu suivit tranquillement des yeux le doigt de son interlocuteur qui pointait vers le bas. Cela prit un certain temps avant qu’il réalise qu’il devait regarder par terre plutôt que de lorgner le doigt. Lorsqu’il remarqua finalement la jeune femme, il ouvrit les yeux, dévisagea son compatriote et ouvrit finalement sa porte pour laisser passer ses invités impromptus.
Une désagréable odeur flottait dans la maison où s’y mêlaient des effluves de fumée, de solvants, d’alcool, de sang et d’excréments. Comme elle n’était pas trop intense, les sources de ces émanations pestilentielles ne devaient plus, pour la plupart, être présentes dans la maison. Cela donnait plus l’impression que les murs, le toit et les meubles étaient imprégnés par celles-ci.
| << | >> |
