Cliquez ici pour laisser un commentaire!
Chapitres:

 
Oeilville Chap 24 - Page 1

<< >>

La jeune Espellienne regarda intensément son interlocuteur depuis sa cellule et tout commençait à prendre forme dans son esprit. L’histoire du Wouh semblait possible et, bien qu’elle ne se sentit toujours pas prête à lui redonner sa confiance, elle décida tout de même de lui donner sa chance étant donné que cela lui permettait de gagner du temps et possiblement aussi de quitter cet endroit de malheur.

-        Si je comprends bien, dit-elle finalement, Aér’ok devrait bientôt arriver ici pour me faire une offre et j’aurais avantage à l’accepter à condition qu’il me dise ce qu’il sait sur l’héritier des Déffriers?

-        Tout à fait, mais rappelez-vous qu’il peut savoir si vous mentez.

C’est à cet instant qu’on entendit frapper à la porte. Le maitre des lieux sembla sursauter légèrement et tenta d’essuyer maladroitement sa bouche encore dégoulinante d’une salive visqueuse avant de se tourner la tête vers l’entrée. Il avança alors sa main humide en direction de celle-ci, mais comme il était incapable de faire le moindre effort, il finit par abandonner en laissant retomber son bras ballant à ses côtés et sa tête vers l’arrière.

-        Ne t’en fais pas, Attar’ok, je vais répondre, dit le sicaire avant d’aller ouvrir.

C’était justement le chef des Wouhs qui arrivait. Il fut très surpris de se faire répondre par Tur’ok qui se contenta de pointer en direction de l’intoxiqué qui tentait de se lever, mais sans trouver la force suffisante à cet effort. Le nouvel arrivé sembla alors comprendre et hocha la tête de dépit avant de faire signe à l’homme au regard bicolore de sortir. Ce dernier s’inclina et obéit sans même regarder la Cilande qui était toujours au fond de sa cage.

L’entretien se passa exactement comme l’avait prévu le sicaire. Sans quitter la prisonnière du regard de son œil abject, Aér’ok Inada entreprit de s’excuser pour le traitement que la jeune femme avait subi en accusant la situation qui l’avait forcé à prendre une telle décision. Il enchaina ensuite en rappelant qu’il serait prêt à être clément envers elle contre un peu de coopération.

La femme aux boucles rousses ne cacha pas sa contrariété en soulignant l’absurdité de la situation avant d’exiger de connaitre les véritables raisons de son incarcération. Le discours qu’elle reçut fut presque mots pour mots celui qu’avait tenu plus tôt l’homme qui l’avait amenée au tribunal. L’entente était claire : les Wouhs voulaient faire partie du coup d’État et revendiquaient même le droit d’être ceux qui allaient prendre la tête du roi Charles Vaudrois lui-même. En contrepartie, les Espelliens profiteraient de leurs connaissances du terrain, de leur expertise et de leur réseau d’information difficile à estimer. Il était évident qu’en cas de victoire, ils devraient prendre ensuite la place qu’occupait maintenant la Guilde des Assassins.

<< >>