| Philippe Terroir | Chap 25 - Page 1 |
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Krysta fut presque surprise de ne pas trouver de Wouh dans sa chambre à son réveil le lendemain matin. Ils avaient pourtant décidé qu’ils se lèveraient tôt pour trouver la ferme des Yeules, et, comme son compagnon de voyage avait habitude d’être très à cheval avec la notion de « tôt », elle s’attendait à ce qu’il vienne la réveiller aux lueurs de l’aurore.
Elle se leva donc bien reposée et alla manger avec les trois Mélands. Ce n’est qu’après le repas qu’elle commença à s’inquiéter de l’absence des assassins à la table et alla donc frapper à leur chambre. C’est Ascéra qui entrebâilla légèrement la porte pour lui répondre au travers sans montrer plus qu’un de ses yeux.
- Mademoiselle Krysta? Puis-je faire quelque chose pour vous accommoder?
- Tout d’abord, vous pourriez m’expliquer pourquoi vous n’êtes pas encore prêt pour partir et ensuite prendre le temps d’ouvrir la porte pour me répondre plutôt que de converser ainsi, tel un geôlier.
- Veuillez accepter mes plus plates excuses pour mon manque de politesse, mademoiselle, répondit-il sans changer de position, mais je suis actuellement légèrement indisposé et je ne peux pas sortir ni ouvrir la porte pour le moment. Pour ce qui est du départ, Tur’ok est sorti tôt ce matin pour nous économiser du temps et il serait mieux d’attendre son retour avant de partir.
- Je reconnais bien là monsieur Némana, dit-elle en soupirant d’exaspération, quant à vous, veuillez régler cette « indisposition » et venir vous joindre à nous, je vous prie. Mes gens aimeraient faire plus amplement votre connaissance.
- Oh! Bien sûr, réalisa-t-il, c'est avec plaisir que je viendrai discuter avec vous, mais je ne serai prêt que dans une demi-heure et, s’il n’y a rien d’autre que je puisse faire pour vous, je vous prierai de m’excuser pendant que je me prépare.
La jeune femme parut légèrement surprise, mais acquiesça de la tête avant de partir rejoindre ses compatriotes. Comme promis, le maitre d’armes vint les rejoindre vingt-cinq minutes plus tard et ils furent tous agréablement surpris de sa compagnie. Il fut très poli, courtois et il répondit aux questions de façon claire et sans hésitation. Kirma était la plus étonnée de la prestance qu’avait ce petit homme qui avait une tête de moins qu’elle, mais qui démontrait une confiance en soi hors du commun. Elle, qui s’attendait à un autre homme dans le genre du sicaire, fut donc agréablement confondue.
Ils étaient encore à discuter quand l’homme au regard bicolore vint les rejoindre. Il expliqua qu’il avait passé une partie de la matinée à chercher la meilleure façon de rejoindre la ferme des Yeules. Il avait appris que la ferme était à deux heures de marche à l’ouest de la ville et qu’elle était tenue par un sympathique fermier apparemment plutôt généreux quoique discret.
Ils amassaient donc les choses dont ils avaient besoin pour partir quand Saif vint saluer la Cilande, au grand dam de Tur’ok, qui semblait l’aimer de moins en moins.
- Regarde bien, mon vieux, chuchota-t-il à son complice, il va demander à venir.
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