| Prologue | Prologue - Page 1 |
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Moi, Antémadon l’Elvin, fils d’Amphorion, descendant direct d’Akera, reconnu aujourd’hui comme le dieu de la terre, avais à peine vingt ans quand tout ceci commença. Le royaume d’Oulard était déjà à l’époque le plus grand, le plus prospère et aussi le plus puissant des royaumes au nord de la chaîne de montagnes des Épilénées.
Au sud, il y avait bien le grand peuple des Atoniens qui aurait put rivaliser avec les Oulais. Cependant, divisé dans les trois royaumes du levant qui formaient l’ensemble des terres de la partie sud de ce continent, ce peuple avait déjà assez à faire des luttes intestines entre ses différentes factions pour aller perturber la capitale d’Oulard, Oeilville. De plus, la barrière naturelle que représentent les Épilénées ainsi que les barrières morales que sont les différences ethniques et culturelles entre ces deux peuples suffisaient déjà à rendre leurs rapports, à peu de choses près, absents.
François Déffrier, le roi de l’époque, n’était donc pas inquiété, enfermé dans sa forteresse au cœur de la capitale, il était intouchable. C’est que, comme aujourd’hui, elle était située sur le plateau d’Elmac, protégée par les montagnes environnantes. Seulement trois voies, bloquées par d’immenses murs. De larges portes en permettent l’accès. D’abord, une au sud, qui passe par la chaîne de montagnes pour rejoindre les royaumes du Levant; une autre au nord, qui se rend au village de Dora d’où il est possible d’aller n’importe où sur le continent Oriental. La dernière voie, vers l’ouest, allait rejoindre le petit village côtier de Nolar, situé à seulement une lieue de là. Bref, la capitale était et reste imprenable, surtout qu’une rivière de montagne passe en plein milieu, rendant un siège impensable.
La dynastie multi-centenaire des Déffriers était alors rongée par la corruption, tant et si bien que le meilleur ami du Roi le trahit. Les principaux peuples d’Oulard, appuyés par la majorité des royaumes du nord se soulevèrent donc sous les ordres du traitre pour les renverser. C’est donc à cette cité invincible qu’Eudès Vaudrois amena son armée.
Les insurgés étaient supérieurs en nombre et Eudès le Téméraire, comme le nommera l’histoire, avait réussi à s’associer avec les démons du nord. Ces derniers, dirigés par le puissant Démolos, avaient d’ailleurs pris Nolar dès le début de ce qui fut la plus sanglante bataille de toute l’histoire. Cependant, malgré la puissance de cette armée, Oeilville demeurait imprenable.
François possédait lui aussi une armée qui, bien que moins imposante, était cependant plus entraînée et mieux positionnée. Les murs de la ville, situés en hauteur, donnaient bon jeu aux archers et aux magiciens qui décimèrent bon nombre des révoltés au cours de la bataille. De plus, peu avant la bataille, le Roi avait réussi à alerter ses plus puissants alliés. Les Dérinois, une puissante armée, et le peuple demi-Elvin d’Espellia, qui utilisait une technique propre à lui d’arme magique, assistèrent le pouvoir en place à la défense de la capitale.
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