| Prologue | Prologue - Page 2 |
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Coincée à Dora, l’armée vaudroise avait les Dérinois à l’est, les Espelliens au nord et la cité forteresse d’Oeilville qui résistait à tous les assauts, au sud. Il n’était pas question, pour les insurgés, d’espérer une assistance Atoniène qui aurait pu diviser les forces des Déffriers en attaquant la ville par le sud. Tout cela donnait l’opportunité à François de concentrer ses forces à repousser l’offensive ennemie avec ses archers et ses magiciens à l’entrée Nord et d’envoyer son infanterie repousser les démons sur son flanc Ouest.
Il semblait que ce n’était qu’une question de temps avant que la révolte ne soit repoussée. Le moral des troupes vaudroises baissait de plus en plus et Eudès en était à espérer un miracle quand celui-ci se produisit. Un barbare nordique du nom d’Omélus le Terrible, qui est aujourd’hui mieux connu sous le nom étrange de Tornade Rouge, arriva en renfort avec sa tribu. Les Dérinois étaient à vingt contre un et beaucoup mieux équipés que cette petite tribu, mais ils furent mis en déroute et repoussés jusqu’à leur royaume à l’est d’Oulard. On ne peut toujours pas s’expliquer comment cela fut possible.
Au même moment, le peuple des Wouhs, qui était pourtant au service des Déffriers depuis sa création deux-cents ans plus tôt, réussit à pénétrer à l’intérieur même de l’enceinte de la cité par une entrée secrète. Ces assassins attaquèrent les archers et les magiciens de l’enceinte de l’intérieur et n’en firent qu’une bouchée. Sentant la chance tourner, Eudès Vaudrois laissa une division retenir les Espélliens pour lancer le gros de ses troupes contre l’entrée Nord qui, presque sans défense, ne put résister longtemps.
Les Vaudrois, maintenant protégés dans l’enceinte de la capitale, le Roi, à ce qu’il parait, tué par le chef des Wouhs lui-même, et les Dérinois en déroute, les Espelliens n’eurent d’autre choix que de sonner la retraite. L’armée des Déffriers, maintenant prise en étau entre une cité qui ne lui appartenait plus et les démons de Démolos, n’eut d’autre choix que de rendre les armes et de prononcer le vœu d’allégeance au nouveau souverain d’Oulard, Eudès Vaudrois. La statue géante d’Albert Déffrier fut renversée en signe de victoire dans la position qu’elle occupe encore aujourd’hui.
La capitale du plus puissant royaume du continent Oriental sous son contrôle, le nouveau Roi savourait sa victoire, mais gardait une rancœur. C’est que, lors des préparatifs pour cette bataille, il avait demandé assistance à Espellia, qui lui avait refusé, bien sûr, mais qui lui avait au moins assuré sa neutralité. Cette trahison des demi-Elvins lui restait dans la gorge, surtout que leur cité était en plein cœur de la partie Nord de son propre royaume. Dans l’année qui suivit, il leur envoya une partie de son armée, guidée par Omélus et sa tribu, à qui il avait promis la petite province d’Ola en échange de sa loyauté. Démolos et ses démons, qui devaient passer par là pour rejoindre leurs terres nordiques, ne reculèrent pas devant cette occasion de manger de la chair noble. Après tout, ils étaient le seul parti à n’avoir subi aucune perte lors de la bataille d’Oeilville.
La toute-puissante race Elvine, noble par son ancienneté et à l’origine de la maitrise de la magie élémentale, avait préféré ne pas s’impliquer dans le conflit opposant les Vaudrois aux Déffriers. Ma race ne pouvait cependant pas laisser ses lointains cousins, bien que métissés, subir impunément la rage d’Eudès. Ils prirent donc les armes pour défendre Espellia la Sublime, la cité symbolique de l’harmonie entre humains et Elvins. Son peuple refusa cependant le combat et abandonna la plus belle ville que ce monde ait portée aux forces vaudroises, se condamnant par la même occasion à un exil forcé vers les territoires du Nord.
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