| Prologue | Tome I - Prologue - Page 5 |
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À partir de ce moment, la prospérité vaudroise ne connut plus de limites, ce qui profita, bien sûr, au royaume d’Oulard. Cependant, si la richesse engendra la richesse, elle fit aussi naitre l’envie. De plus en plus de gens voulurent leur part des fruits de l’arbre prolifique qu’était, et est toujours, Nora sur Mer. La cité flottante devint de plus en plus grande, de plus en plus influente. Les suzerains durent donner de plus en plus de terres à de riches marchands pour freiner leurs désirs d’expansion. De plus en plus de bourgeois furent anoblis pour justifier l’influence qu’ils avaient, de toute façon, par leurs biens.
Bien que les Vaudrois, par leurs richesses incommensurables, gardaient sans trop de peine les rênes du pouvoir, cette nouvelle bourgeoisie prit une place sociale qui n’avait jamais existée auparavant. Le monde dont les forces étaient autrefois définies par la taille des terres, la puissance des armées ou encore la richesse culturelle, se définit maintenant par la quantité des biens, le montant des richesses et l’influence qu’elles apportent. Le pouvoir en place vivait tel un poisson dans l’eau dans cette nouvelle ère.
De plus en plus de gens quittèrent les terres pour chercher fortune dans les agglomérations. Les bourgades devinrent villages, les villages devinrent villes et les villes mutent présentement en cités. Ces dernières ne s’étant pas préparées à cela gonflèrent sans réel plan d’urbanisme, créant parfois d’affreux ghettos sur leurs périphéries. Pour contenir le problème, certaines d’entre elles entrainèrent des gardes et des policiers pour endiguer la criminalité. D’autres, comme Mélodar, allèrent jusqu’à s’emmurer et se fortifier pour mieux contrôler l’immigration.
La richesse devint plus apparente, la pauvreté plus criante que jamais. Les va-nu-pieds trainent aujourd’hui dans les rues, tels de vulgaires rats. Si la bourgeoisie était le nouveau rang social des riches, les mendiants furent celui des pauvres. Se regroupant parfois dans les caniveaux le jour, ils arpentaient les rues la nuit.
Eudès Vaudrois, dit le téméraire, souleva une immense armée il y a maintenant plus de quatre siècles pour faire chuter la dynastie corrompue des Déffriers, au prix de milliers de vies de ses concitoyens. Aujourd’hui, c’est une corruption encore plus grande qui ronge les méandres étatiques de la dynastie des Vaudrois.
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